L’adaptation prend du temps. Je ne crois pas me tromper en disant que, face à un changement, nous voulons que tout se place rapidement et sans trop de difficultés. J’appellerais cela l’excitation. Animés par cette excitation du changement, nous nous sentons invincibles. Oui, nous sommes conscients que nous aurons des sacrifices à faire et nous sommes plus que prêts à tous les affronter. Nous sommes prêts à nous adapter.

Ok. Maintenant, soyons tous honnêtes et réalistes envers nous-mêmes. Lorsque nous nous retrouvons réellement en plein cœur de notre changement, que nous le vivons pleinement, que nous ne sommes plus dans l’anticipation et l’imagination et que tout est bien réel, il est plutôt rare que les choses se passent exactement comme nous l’avions imaginé…

Pas d’inquiétude à avoir ici, tout va bien de mon côté du Canada. Je me sentais seulement un peu philosophe en mon vingtième jour dans la capitale de la Colombie-Britannique. Par ici, le volume d’entraînement se maintient à un bon niveau et l’intensité est aussi bien au rendez-vous. Depuis une semaine, mes partenaires d’entraînement ont changé. À mon arrivée, c’est sous la direction de coach Carolyn Murray (oui, c’est la même qui a participé aux JOs de Pékin en 2008!) et avec une majorité d’athlètes masculins que les entraînements se déroulaient. Alors que tous ceux-ci s’envolaient pour Tucson, Arizona, vendredi dernier, coach Patrick Kelly et les athlètes féminines quittaient la chaleur et le soleil de Maui (Hawaï) où elles se sont entraînées pendant plus de cinq semaines pour revenir à Victoria. J’étais bien contente de les revoir (c’est avec ces filles que je m’étais entraînée en août dernier lors de mon passage ici), toutes bien en forme et bien bronzées! Je dois avouer que je me sens un peu pâle à côté d’elles… mais ne disions-nous pas que la pâleur était un signe de bonne « shape », hihi! ;-)

Cela dit, je sens que la forme revient. Je trouve bizarre d’écrire que la forme « revient », car je ne me sentais pas « pas en forme » en arrivant… Je dirai plutôt que mes bras de cure-pipes et mes jambes de poulet ne sont plus. R.I.P. C’est le retour des muscles, yahoo!

Mais…

Et oui, tout ne peut pas être parfait. Il y a un « mais ». Je l’ai écrit en introduction, l’adaptation prend du temps. C’était me leurrer que de penser que tout rentrerait dans l’ordre en une semaine… Oui, mes muscles sont de retour, mais non ils ne travaillent pas exactement de la façon que je le voudrais… En vélo, je sens que les choses se placent tranquillement. Mes jambes encaissent relativement bien la charge et je me sens de mieux en mieux. Il n’y a pas de secret pour le vélo : il faut passer du temps sur la selle! Ici, le « mais » s’applique plutôt à la natation… Je l’avais mentionné dans mon dernier « post », l’eau de la Saanich Commonwealth Pool est plutôt froide. Mes partenaires d’entraînement le savent, je « gèle » assez facilement. Je ne sais pas trop pourquoi, j’ai toujours froid plus vite que la moyenne des gens. J’ai toujours été comme ça. Je dois être « faite » comme ça… Alors, dans cette eau glaciale (ok, sur le site Internet de la piscine, ça dit qu’elle est à 81°F… Mensonge! Elle doit être autour des 73-75°F…), j’ai un peu de misère à m’y faire. Vous vous en douterez, nager en frissonnant, ça n’avance pas très vite… Dans les derniers jours, j’ai donc dû essayer plusieurs solutions pour remédier à ce problème : port d’un « speedsuit » (maillot plus long dont le dos est couvert, donc moins de perte de chaleur), eau bouillante dans mon bidon et vaseline sous les aisselles (oui, je me graisse le « dsour-de-bras » dans une piscine publique). Ma situation s’est améliorée. Je peux maintenant dire que je fais quelque chose qui ressemble à de la natation. Je réussis à finir les pratiques dans le même bassin, sans avoir à aller terminer le « set » toute seule dans le bassin chaud. Ne reste plus qu’à nager vite maintenant! Je ne me permettais même plus de regarder l’horloge tellement mes affaires ne fonctionnaient pas. Depuis les 2-3 dernières pratiques, j’ai timidement recommencé à y jeter un œil. C’est loin d’être extra, mais c’est un peu plus respectable. Je dois continuer d’être patiente. On dit que la patience est une vertu. Pour être bien franche, je ne crois pas que ce soit ma meilleure vertu. En fait, je ne crois pas être née avec celle-là. Cependant, j’en possède une qui peut la complémenter : la ténacité (http://www.journaldemontreal.com/2012/02/18/-jai-encore-des-croutes-a-manger-).

Peu importe vos aspirations et vos projets, continuez de travailler fort et vos efforts finiront tôt ou tard par porter fruit. Il suffit de persévérer… et d’être patient! ;-)

4 Responses »

  1. R says:

    Salut Manon! C’est fabuleux à quel point tu as des problèmes que je n’aurais pas cru possible hahaha! Avoir aussi froid dans des sets all-out dans des piscines intérieures. C’était bon l’eau bouillante dans ta gourde?

    Bon, je t’ai assez taquiné comme ça, continue de t’entraîner fort, ça va payer!

  2. Louise Dompierre says:

    Tu as bien raison pour les changements! Il ne faut pas lâcher et persévérer… Je suis avec toi Manon… Tant mieux si ça commence à être moins pénible dans l’eau «glaciale»! Tu seras jamais un ours polaire mais si au moins çà affecte moins tes performances, c’est super! LACHE PAS!!!!

  3. [...] Finalement, un nouveau blog que vous devriez lire si vous êtes un fan des triathletes Québecoises: Manon Letourneau s’échappe à Victoria. [...]

  4. [...] illustration comme celle-ci de Manon Letourneau, tu n’as pas le choix d’aller lire son dernier texte! Aussi, Manon a dernierement eu un article sur elle dans le journal de Montréal. Il me reste des [...]

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